| "Bien faire passer dans les esprits et pas seulement dans les lois la pleine citoyenneté des juifs de France, cela a exigé certes plus que la simple déclaration des Droits de l'Homme, si novatrice et si importante fut-elle. Voilà pourquoi l'obstination de labbé Grégoire, voilà pourquoi de longs débats encore nécessaires, des débats souvent passionns exprimant l'ignorance de ce que sont la foi et la culture juive, exprimant aussi l'élan et la générosité révolutionnaire. Et ce sont finalement cet élan et cette générosité qui l'emporteront. Le décret du 27 septembre 1791 reconnaît enfin la citoyenneté aux juifs de France et ce grand pas enfin franchi suscite une profonde reconnaissance parmi les juifs. Tout cependant n'est pas encore gagné. Il reste à vaincre, encore, toujours, les mythes, les pérjugés, les peurs encore inscrits dans les pays. Il reste, pour reprendre le Credo de Jules Isaac et de Jacob Kaplan, à passer de l'enseignement du mépris à celui de l'estime. Il reste à faire passer les principes et les textes dans les faits et les habitudes de vie, dans les esprits et dans les cœurs. Un long apprentissage commence. | Michèle Alliot-Marie |